anguille tendre

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi, janvier 24 2012

SUR QUOI TRAVAILLEZ-VOUS



Ce titre ressemble à une accusation. Alors je vais légèrement le transformer en :

Autour de quoi travaillez-vous?

Je travaille autour d'un noyau dur qui me semble impalpable tant que ne sont pas mise à plat les raisons pour lesquelles je tourne autour du pot. D'abord donc, quelques explications.

Toutes mes productions existent parce qu'on s'accroche à des détails lorsque l'on a perdu l'essentiel. Parce que l'on s'accroche à l'enfant que l'on était lorsque le monde est absurde. Parce que c'est absurde de se faire séquestrer alors que la vie commence tout juste. Parce que l'esprit perd toute logique rationnelle lorsqu'il a été piétiné. Parce que comme disait ma petite vielle que j'ai filmé en maison de retraite, l'humour est une forme élégante du désespoir. Parce que c'est un comble de peindre des fleurs alors que l'on est hanté par des souvenirs malsains. Parce que plus que le décoratif, c'est le pathétique qui gène. Parce qu'un décors cache souvent quelque chose de moche. Parce que se noyer dans les fleurs est plus agréable que se noyer dans n'importe quelle substance amnésiante. Parce que certaines violences sont indescriptible par les mots, on l'exprime par le corps. Parce que les repères ont explosé, on se mets des barrières et des cadres n'importe où. Parce que c'est absolument particulier, je généralise par le "on". Et parce qu'enfin il ne s'agit pas d'être vulnérable mais radicale, l'histoire de l'art ainsi que l'art contemporain me semblent bien futile dans leur ensemble. Et puisque tout est paradoxe, je m'y inscris tout de même.

Je travaille donc sur l'importance de la futilité du quotidien, dans tout ce qu'il est d'absurde (nourriture, dessins détaillés + texte, horoscope). Je travaille à développer des sortes de petites obsessions (pieds, chaussures), je travaille à m'appliquer sur des détails pour passer le temps ou pour oublier (dessins motifs). Je travaille à m'évader par un exotisme pictural qui s'apparente à du décoratif et par le plaisir de contempler la nature. Je travaille à régresser plastiquement vers des formes enfantines (pâte à modeler, petit camion jeu d'enfant, dessins de la main gauche). Je travaille à me défouler physiquement dans un art de combat né de l'esclavage au Brésil (capoeira). Je m'intéresse aux petits vieux enfermés dans des maison de retraite (vidéo). Je travaille aussi à représenter l'enfermement ou le repli sur soi (hétérotopie balcon et vidéo dans placard).

Considérant ce travail, je remarque que toutes mes productions sont gentille, et qu'elles ne dépassent jamais un certain formatage que je me suis appliquée à installer par soucis de cadre.

L'idée pour les productions qui vont suivre et qui sont déjà en cours, est de déplacer ces barrières. Elargir un peu mon cadre ou même le dépasser. Signifier plastiquement mon engagement dans cette forme de libération qu'est la capoeira, qui par ailleurs est pleine de règles à respecter. C'est à dire la sortir de son cadre et faire communiquer les petits mondes que j'occupe. Ainsi, par déplacement de barrières, l'espace de liberté se fait plus grand. De cette façon, je fais de mon art ma propre thérapie. 

Une deuxième étape un peu plus détachée de l'intimement personnel visera à faire appel à des références et à l'aspect formel des productions, à ce qu'elles évoquent tenant compte de tout ce qui s'est déjà fait.

Je dis donc oui à Pascale pour Picabia et son coté scandaleux.

Oui pour Nicolas Sornaga et ses incongruités adressées à une immense minorité.

Oui pour Henri Cueco et la coopérative des Malassis avec leur volontés de pervertir l'institution, c'est à dire de combattre ou sortir des cadres.

Et encore oui pour René Magritte et sa logique décalée, oui pour son sentiment d'inutilité de l'image, de "simulacre".

mercredi, décembre 7 2011

Motifs




Acrylique, A3





Acrylique, A3.




                               Acrylique, A3.




Gouache , papier A3





Acrylique, papier A3

mardi, novembre 29 2011

Couleur




Acrylique, 140 cm X 100 cm.




Acrylique et huile, 140 cm X 100 cm.




Huile, 140 cm X 100 cm.

Dessins

Mode d'emploi : prendre six feutres au hasard dans la trousse d'un camarade et suivre ses envies. Essayer de s'appliquer un minimum pour ne pas baver. Format raisin.












mercredi, août 24 2011

Généralités

Le touriste de base est en général doté d'une surcharge pondérale et recouvre un teint rosâtre voire écarlate, surtout sur les mollets. A croire qu'il ne voit le soleil qu'une fois par an (ça, ce n'est pas de sa faute), et qu'il mange des cochonneries le reste de l'année (ça, c'est de sa faute). Il aime acheter des colliers à fleur multicolore parce que ça fait exotique. Les enfants des gros tout rouge portent en général une épuisette sur l'épaule, en vue d'épuiser la mer à défaut d'épuiser leur mère. Cette dernière se balade en général d'un air grossier, exhibant sa poitrine empourprée et râlant à tout va : rrrrrrrrrrreste là! à son fils bienaimé qui de son coté escamote tout ce qu'il peut avec son épuisette. Le touriste gros tout rouge ainsi que sa famille me permet de travailler l'été et de mener ce que l'on appelle "une vie décente" (au passage, ne devrait elle pas être "montante" pour les optimistes?). C'est à dire pouvoir manger du bio ou des cochonneries, payer des études, m'habiller, avoir des loisirs et un logement pour l'année. Et bien sur, me transformer moi même en touriste de passage le temps de vacances au ski par exemple. Je serai alors comme tous les autres touristes de la station en général, c'est à dire reconnaissable en mon état de touriste par mon apparence stupide, emmitouflée dans une combinaison informe avec un pompon sur la tête. Et le top du top du touriste de station de ski : la position disgracieuse du déséquilibre fessier, prêt à tomber sur un siège inexistant, les bras en avant pour tenter de s'accrocher à un bout d'air ou d'ami touriste. Enfin tout ça pour dire qu'on est toujours le touriste de quelqu'un, mais que vraiment certains pourraient s'appliquer un peu.

lundi, juin 20 2011

Protocole

Il s'agit de prendre une photo à un endroit E et un instant T défini par moi même, puis de reprendre une photo au même endroit E et à l'instant T + 10 secondes. Il en résulte alors des conclusions surprenante.

Instant T :




Instant T + 10 sec :



On remarque ici que rien n'a vraiment changé et pourtant tout a surement changé.



Instant T1 :




Instant T1 + 10 sec :



Ici rien n'a changé mais on imagine bien que tout peut changer.



Instant T2 :




Instant T2 + 10 sec :



Rien n'a changé mais ça change quand même souvent.



Instant T3 :




Instant T3 + 10 sec :



Rien n'a changé et pourtant tout aurait pu changer.



Instant T4 :




Instant T4 + 10 sec :



Certaines choses ont changé mais pas le reste.



Instant T5 :




Instant T5 + 10 sec :



Tout a changé et pourtant rien n'a changé.

jeudi, juin 16 2011

Oncle Boonmee

J'aimerais parler du contraste entre deux scènes du film d'Apichtpong. La première que j'ai retenue se déroule dans un petit abri au beau milieu de la ferme de l'oncle Boonmee. Il attend sa dialyse avec Jen et lui parle de l'apparition de sa maladie. Pour lui, sa maladie de rein est due à son karma, car il a "tué trop de communistes et d'insectes". Cette discussion semble tout à fait normale, alors que le traitement du sujet n'est pas commun (identification d'une maladie par rapport à des actes). Il n'y a rien de mystérieux dans cette scène, les deux personnages parlent de karma et de fantômes comme s'ils parlaient de la pluie et du beau temps. Puis il y a la scène que j'appellerai "digression érotique". Celle où une princesse s'offre à un poisson chat. Cette partie sort de nulle part, comme un rêve. Elle ne semble pas avoir de lien avec le reste du film, on pourrait la comparer à une tâche d'encre rouge sur un tableau noir et blanc. Elle est hors sujet dans le sujet. Elle donne une profondeur au film et l'enrobe de mysticisme. C'est la coexistence de cette scène onirique et de celle de la discussion avec Jen qui me semble intéressante. Tout est mis au même niveau, les rêves ou les fantasmes, les fantômes et les vies antérieures. Rien n'est paranormal, tout est simplement étrange et accepté. C'est en cela que le film m'a apaisé, car il ne fait pas de morale et met tout à plat sans jugement, et surtout, sans communiquer l'angoisse de la mort proche de l'oncle Boonmee.

Machine visuelle





Cliquez dedans pour mieux y voir


samedi, mai 21 2011

Investissement d'un espace, adaptation de la série "The defenders"


                                                                                  EPISODE 8

































La suite de l'épisode n'apparaitra sans doute jamais vu que je n'ai pas pu recopier tous les dialogues.

mardi, mai 17 2011

Journée ordinaire; Vue sur...


Le café du matin, vue sur :
café
(Plante du balcon)




Le travail, vue sur :
travail
(texture du bureau)




Le repas, vue sur :
manger
(texture de la table)




Les toilettes, vue sur :
toilettes
(les ongles)




La voiture, vue sur :
voiture
(le buisson avant d'entrer dans la voiture)




Le sport, vue sur :
sport
(les pieds abimés mais préparés à l'effort)

mardi, mai 10 2011

Lettre à...



dimanche, mars 20 2011

Recontre de deux regards anachroniques



La nuit, en arrivant, je n'avais pas vu, le panneau. Le chat lui, l'aurait vu, le panneau. C'est au matin que le chasseur nous a réveillé en tapant sur la vitre : "ne restez pas là, il y a une battue!". C'est en sortant que je l'ai vu, le panneau. Réserve de chasse. Alors nous sommes partis. Et nous nous somme arrêté. Je l'avais aperçu, le paon, puis la poule, puis le faisant, et puis, lui. Il n'avait pas l'air de m'avoir repéré, lui. Je l'observe, il me semble doux, je le caresse du regard. Je l'aime déjà, il ne fait pas un bruit mais ça ne se voit pas. Je suis curieuse et ça se voit. Mais à l'inverse de moi, il en a vu d'autre, des observateurs. Il m'ignore et continue à faire celui qui ne m'a pas vu, alors qu'il sait très bien que je le regarde. C'est quand je m'apprête à tourner les yeux qu'il daigne m'adresser un regard. Il a finalement l'air surpris de me voir, ah! c'est toi? je ne t'avais pas vu! Le chat lui, n'aurais pas pu le voir, il était mort depuis quelques jours déjà. Je l'avais constaté, au bord de la route. Peut être m'avait-il aperçu avant, mais là c'était trop tard, il avait fermé les yeux.

Rencontre avec un walibi amorphe et un chat mort.

L'enquête,les questions,et Jane Fonda au Vietnam



Dimanche 20 mars.
Objectif du jour : pondre un commentaire à partir du texte "enquête sur une image", qui constitue la bande son du film "letter to jane" réalisé en 1972 par Jean Luc Godard et Jean Pierre Gorin.
Contexte : guerre du Vietnam.
Pièce à conviction : une photo de Jane Fonda, actrice dans le film "tout va bien", au Vietnam (légendée : Jane fonda interrogeant les habitants d'Hanoi sur les bombardements américains).
Questions soulevées par l'enquête :

- "Quel rôle les intellectuels doivent-ils jouer dans la révolution?" (question que se pose Godard continuellement dans son cinéma, en tant que bourgeois contestataire)
- "Est ce que c'est le vedettes, les héros, qui font l'Histoire, ou est-ce les peuples?"
Selon moi, les vedettes et héros, même s'ils ont des convictions profondément humaines, ne sont au final que des instruments politique, des poids représentatifs d'une certaine opinion du peuple, et leur image est l'instrument de diffusion de convictions plus générales, parce que le peuple les connait et peut s'identifier à eux. Leur personne s'efface au profit de leur image de vedette. Jane fonda au Vietnam, c'est d'abord une actrice américaine au Vietnam, c'est même la représentation d'une certaine opinion américaine au sujet de la guerre du Vietnam au Vietnam, et cela a un poids politique autre que s'il s'agissait d'une illustre inconnue, même américaine, au Vietnam.
"Letter to Jane" parle aussi beaucoup de la photo elle même, de ce que le net et le flou évoquent. En fait on peut discerner plusieurs échelles de réflexion, une analyse de l'image, puis une analyse plus générale de la situation, d'opinion politique. Le fait que le Vietnamien du second plan soit flou et l'actrice américaine nette révèle un certain langage de l'image. L'actrice a un visage d'actrice, une expression de pitié trop lisible, trop claire, alors que le vietnamien n'a que son vrai visage, et même s'il est flou, il dit beaucoup plus sur la réalité de son pays au moment de la prise de vue. Prise de vue au cadrage bien étudié, puisqu'il ne montre que Jane Fonda, le contexte est oublié. Ce n'est que sa présence qui importe.


Autres questions :


- "Comment le cinéma peut-il aider le peuple vietnamien à conquérir son indépendance?" (Ce qui m'amène à me poser les questions suivante : le cinéma peut-il aider un peuple, quel qu'il soit, à conquérir son indépendance? N'est-il pas d'abord destiné aux spectateurs d'un monde "en paix", à but d'information et de bonne conscience? le cinéma engagé n'aide t-il pas plutôt les peuples "en paix" à se remettre en question en voyant la misère du monde? Je dis, "en paix" parce qu'il n'y a pas de bombes, mais c'est une paix théorique, où une autre forme de misère est présente aussi). De cette question découle la suivante, posée par Godard et Gorin :

- "Demandons nous d'abord honnêtement ce qui nous permet de dire que nous combattons réellement .
- Puisque le Vietnam en changeant son vieux monde nous aide à changer le nôtre, comment pouvons nous l'aider réellement en retour?
- Puisque le collectif Vietcong/Nord-Vietnam lutte, critique et transforme le Sud-Est asiatique, comment pouvons nous lutter à notre place pour changer d'Europe et d'Amérique?"
J'ai l'impression ici que Godard et Gorin se posent des questions parce que leur conscience n'est pas tranquille. Ils se demandent en fait quelle légitimité a la lutte occidentale dans un combat qui se déroule ailleurs. Il y a "pour", il y a "contre", mais comment pouvons nous, en tant que soit disant "monde libre", jouer un rôle dans une révolution qui n'est pas la nôtre? Cela reviens aussi à poser la question de l'éthique du cinéma engagé. Est-il même légitime de faire du cinéma engagé par rapport à une cause qui ne nous concerne pas directement?
("J'écoute les Vietnamiens qui vont me dire quelle paix ils veulent dans leur pays. En tant qu'Américain, je ferme ma gueule car je reconnais que je n'ai rien à dire là dessus, c'est aux Vietnamiens à dire ce qu'ils veulent car je n'ai rien à voir avec l'Asie du Sud-Est")
Faire du cinéma engagé n'est ce pas juste la volonté d'acquérir une bonne conscience? D'avoir l'impression de servir à quelque chose parce qu'on sent que le monde ne tourne pas rond, que c'est déjà ça de faire du cinéma engagé? Le cinéma engagé est il efficace ou ne fait-il que "remuer dans le tas"? Doit-on pour autant se résigner et accepter les guerres qui se déroulent ailleurs, sous prétexte que justement, elles se déroulent ailleurs et que cela ne nous regarde pas? Ne peut on pas chacun y mettre un peu du nôtre? Et de quelle façon?
Ce sont toutes ces questions que je me pose à la suite de la lecture de "letter to Jane", et je pense que chacun doit trouver ses réponses personnelle, selon ses convictions. Qu'en politique comme en cinéma, chacun est libre d'exprimer son avis, et chacun a le droit de ne pas être d'accord. Ici par exemple, je trouve que ce texte soulève un grand nombre de questions éthiques par rapport à l'engagement, mais qu'il ne fait pas avancer la situation. Il permet de comprendre ce qu'une image à priori banale d'une actrice "engagée" peut signifier lorsque l'on s'y attarde vraiment. Ce film n'est donc utile qu'aux personnes qui ont le temps de se pencher sur ces questions, c'est à dire que des paroles d'un intellectuel contestataire ne peuvent s'adresser qu'à un nombre infime de personnes, qui sont dans la réflexion plutôt que dans l'action.

lundi, mars 7 2011

camera obscura en chambre d'hotel vue mer


DSC_3135.JPG
Vagues dans les étagères.


DSC_3144.JPG
Plage en angle inversé.


DSC_3150.JPG
Biarritz au plafond.



DSC_3156.JPG

Double projection par double trou dans le carton obstruant la baie vitrée.

DSC_3159.JPG

vendredi, février 4 2011

Grenouille intergalactique





70 x 70 cm, acrylique

Objet presque inutile




Mais pas tant que ça finalement



mercredi, janvier 12 2011

"Le maître et le géant"



Capture_d_ecran_2011-01-12_a_21.12.31.png



C'est après avoir vu "Vacances prolongées" de Johan van der Keuken que j'ai eu envie d'en savoir plus. La poésie de cette oeuvre cinématographique a suscité ma curiosité. Et puis, j'avoue qu'entendre ma langue maternelle en voix off est un plaisir plutôt rare.
Me voilà donc partie pour visionner les 70 minutes de " De Meester en de Reus " de Van der Keuken (1980) annoncé comme étant une comédie musicale.
J'en suis à la 36 ième minute (car il s'agit tout de même d'une performance de spectateur tellement l'oeuvre est surprenante), et j'ai déjà rempli une feuille entière de notes, de mots et expressions, de sensations contradictoires, d'images choc etc… Ce film me paraît être un gros délire surréaliste, mélangeant images documentaire et fiction insensée. Voici un petit listing de mes notes pour donner un aperçu des choses :
- Cheval / neige
- musique joviale
- mouchage
- fenêtre murées
- désert
- calme d'un petit village
- long plan radio / vase, mouvements de caméra (mouche invisible?)
- homme / femme, Amsterdam
- "ils perdent leurs apesanteur"
- maillot de bain, chômage
- regard caméra
- marionnette

- chaise à deux pieds

- fait flipper!!
- "On doit prendre une photo"
- gratte la tête, le cou
- marionnette squelette
- violence, détresse mentale
- travail, dromadaire
- totem en rocher phallique
- cube minimaliste
- discours politique incompréhensible
- saucisse de Francfort
- poterie
- femme à barbe
- mosquée
- musique de cirque
- toujours surpris!


Le tout est un véritable ovni qui perturbe la logique, mais qui n'est cependant pas désagréable à regarder. On reste absorbé par l'harmonie qui se dégage de ce mélange d'images et de sons hétéroclite, et c'est ici, (d'après moi), le point fort : Johan van der Keuken parvient à me captiver à grand coup de gymnastique des sens (le regard et l'ouïe), et fait subir à mon cerveau des grands écarts inimaginable.
(Ik denk dat het geheim het leven self is).

vendredi, janvier 7 2011

Hétérotopie

jeudi, janvier 6 2011

My own private remake

jeudi, décembre 30 2010

Le choc

Ma première rencontre avec elle s'est faite il y a deux ans.
 Elle était projetée au mur, mais on nous a bien précisé qu'en réalité elle se projetait en angle, avec deux mêmes vidéos présentées sur chaque côté de mur.
 "Sip my océan" (1996), de Pipilotti Rist m'a médusé.



D'abord la musique, flottante, envoutante, douce, accompagnée d'images de ciel fuyant vers nous. Et cet espèce de serpent qui défile et transperce l'image, on le suit de l'œil, il nous guide. Le tout obéissant à une symétrie de part la double projection en angle…qui nous avale. C'est l'impression que j'ai eu : je me faisais happer, je rentrais dans l'angle du mur.
Puis, on plonge dans un océan atemporel, on frôle les coraux au ralenti, les couleurs sont splendide. On se fait bercer tout en observant des formes abstraites, et un corps apparaît. Ce même corps, celui de Pipilotti Rist, se déforme sous l'effet de la symétrie, et n'est plus qu'un fluide aux contours vifs, où l'on peut à certains moments reconnaître un visage, une poitrine. Cette distorsion renforce la sensation de flottement. La poésie qui se dégage des associations d'image et de la musique m'hypnotise. C'est une sorte de schéma psychédélique, on est en transe trouble, l'ambiance est feutrée comme le bruit sourd que l'on entend sous l'eau. Cette vidéo est un poème hallucinogène en mouvement.
La musique nous porte et devient stridente tout en restant belle, car pleine d'émotion : Pipilotti Hurle les paroles "I don't want to fall in love with you"… Des objets symboliques font un naufrage ralenti, et c'est une tasse qui m'est resté en mémoire.
Cette œuvre m'a fait l'effet d'un choc, j'ai eu l'impression de rentrer dans l'intimité mentale de l'artiste. Peut être aussi parce que les couleurs vives et l'aspect "pop" me plaisent en général, et que certainement, je suis aussi un peu romantique.
Je n'ai pas "siroté" son océan, je l'ai avalé.

- page 1 de 5